Souvenirs sensoriels du Québec

Lors de mon stage chez Croquarium, j’ai appris à considérer chaque aliment via les perceptions de mes 5 sens.

Alors pour vous livrer un tableau synthétique de mon séjour, j’ai essayé d’appréhender les lieux que j’ai connus avec mes 5 sens. Ces lieux sont la ville de Sherbrooke, la région de l’Estrie et le Québec en général. 

Pour moi Sherbrooke, c’est :

  • L’odeur du café, car il y a de nombreuses torréfactions dans le coin. Il me semble que les Québécois sont de grands amateurs de café, qu’il soit en version filtre illimitée dans les cantines ou latte dans les petits bistrots.
  • La vue des briques rouges, prépondérantes dans cette ville fondée par les loyalistes au Royaume d’Angleterre venus des États-Unis fraîchement indépendants
  • La saveur du vinaigre (blanc !) sur les frites, habitude assez commune ici mais que je ne vais pas ramener (ça ramollit les frites !)
  • Le bruit des trains de marchandises traversant la ville plusieurs fois par jour. La topographie de Sherbrooke amplifie ce son et l’amène dans tout le centre-ville, tel les cloches de l’église scandant les heures.
  • Le toucher d’une belle accolade entre amies ! Je trouve les Québécois pas forcément plus tactiles que nous mais à meilleur escient ( moins de bises à tout va mais plus d’embrassades envers les amis chers)…

Pour moi l’Estrie, région de Sherbrooke et voisine des États-Unis, c’est :

  • l’odeur de la mouffette (putois) qui vous prend au nez sur votre parcours à pied ou en voiture
  • la vue des vaches dans les prés vallonnés (ailleurs les vaches laitières ne sortent pas)
  • la saveur des asperges et autres bonheurs du printemps
  • le clapot des quelques vagues sur le rivage d’un lac
  • le toucher de l’herbe fraîchement et parfaitement tondue, dans tous les parcs, avants de maison ou carrefours routiers. Cette psychorigidité est sans doute également héritée des loyalistes car elle n’est pas si forte ailleurs dans le Québec.

Et enfin le Québec de mon point de vue, d’ouïe, de gustation, etc. c’est :

  • l’odeur du fumier épandu dans les champs, le Québec étant un grand pays agricole 
  • la vue du fleuve Saint-Laurent, aussi diversifiée qu’elle peut être 
  • la saveur de l’érable, sans doute, mais tant d’autres !
  • le bruit du fromage en grain dans ma bouche, un intense skouik skouik qui va tant me manquer
  • le toucher humide et frais d’un verre de bière de microbrasserie

En détaillant ces tableaux sensoriels, je me suis dit que cela était très réducteur mais aussi saisonnier…

Il va falloir je revienne à l’automne pour les couleurs (des arbres) et en fin d’hiver pour le temps des sucres (d’érable) !

En attendant, je suis curieuse de lire d’autres tableaux sensoriels de par chez vous ! Ou vos souvenirs sensoriels du Québec !!

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À la recherche du point S…

… ou l’importance de retrouver ses sensations de faim et de satiété.

En stage chez Croquarium, j’ai l’occasion d’entendre beaucoup parler d’alimentation et de m’interroger sur mes comportements alimentaires. Je vous partage une de mes interrogations sur cette (mauvaise?) éducation alimentaire et une (nécessaire?) rééducation de la plupart des adultes… Lire la suite

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Les 10 fonctions d’un jardin potager

Forte de mes visites et rencontres à La Réunion, en métropole et au Québec, j’ai voulu lister les différentes fonctions d’un jardin. Lire la suite

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Mon stage. III-Des jardins éducatifs

Mon stage chez Croquarium, c’est aussi mettre en place, animer et réaliser le suivi de jardins potagers, en garderies, écoles primaires, dans les quartiers et au sein de structures communautaires, accueillant par exemple des adultes handicapés.

C’est l’occasion de voir une petite fille s’exclamer devant toutes les racines d’un plant de tomate à rempoter, de voir un petit garçon se jeter dans le bac de terre ou encore qu’une personne âgée nous raconte ses souvenirs de jardinage avec sa mère, qui plantait elle aussi des cerises de terre (physalis).

Animer autour d’un jardin, c’est un moment toujours intense en émotion et en (re)découvertes !

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Mon stage. II- De l’éducation au goût

Pas facile de parler d’éducation au goût et de faire comprendre en quelques mots ce que les ateliers du goût représentent…

Je vais essayer de vous en décrire les grands principes et puis, un jour, je vous le ferai sans doute en vrai. Car l’éducation sensorielle à l’alimentation se fait à tout âge et pour tout public !

Education sensorielle

Si on parle du goût, on parle surtout d’apprendre à goûter, à déguster n’importe quel aliment, comme un oenologue. Et cela se fait avec les 5 sens. Pour les enfants, c’est leur nommer l’ouïe et leur faire imiter le bruit d’une pomme, d’une carotte ou d’une banane que l’on mange. Avec les adultes, c’est leur rappeler que manger produit des sons et qu’ils peuvent nous mettre en appétit, ou pas !

Education expérientielle

Les enfants n’aiment pas les pommes parce qu’elles sont riches en fibres ou apportent des sucres. Ils les aiment car elles sont colorées, parfumées, croquantes, juteuses ou sucrées. Et puis quelques uns ne les aiment pas et c’est bien aussi !

Croquarium met en avant l’expérience comme moyen d’apprentissage et favorise le sensoriel au cognitif. Et comme tous les goûts sont dans la nature, il est important d’accueillir et de respecter les variations de perceptions et les préférences et dégoûts de chacun. L’objectif d’un atelier du goût n’est pas que tous les enfants aiment le brocoli, mais que chacun l’ait exploré avec tous ses sens. C’est un chemin vers l’affirmation de soi et le respect des différences.

Education qui se veut dans le plaisir

Pour que cette expérience soit concluante, elle doit être faite dans un contexte agréable : calme, confiance, temps… Souvent l’inverse de la restauration scolaire !

L’exploration des aliments doit rester ludique et plaisante. En aucun cas les éducateurs du goût favorisent un aliment ou en critiquent un autre. Ils contribuent seulement à élargir la culture alimentaire de chacun.

Seule importe la perception sensorielle de chacun, et il n’y a pas de jugement à porter là-dessus !

Croquarium Lac Megantic

Sieur de Petit Pois et Dame Romaine après une animation à Lac-Mégantic, avec la lauréate du concours de dessin !

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Mon stage. I- De l’éducation 

En stage à Croquarium depuis près de deux mois, je me dois de commencer à décrire ce que j’y fais ! Globalement, je me forme à l’éducation au goût et aux jardins éducatifs… Explorons aujourd’hui le mot éducation avant de détailler ces deux thématiques.

J’ai lu récemment l’étymologie suivante : « Éducation vient du latin educare qui signifie redresser ce qui est tordu et mal formé… » Déprimant, non ? Et la rééducation, serait-elle le retour à la droiture pour un membre ou un comportement déformé ? En lisant cette signification, je pense aux jambes de Forrest Gump…… et j’espère que cette éducation est aujourd’hui révolue.

Cette étymologie du mot éducation me gêne car elle semble conformer les individus et les étirer tous dans le même sens.

Heureusement, Wikipedia via le Gaffiot donne une étymologie plus appréciable : « éducation serait directement issu du latin educatio, lui-même dérivé de ex-ducere (ducere signifie conduire, guider, commander et ex, « hors de ») : faire produire (la terre), faire se développer (un être vivant) ».

De ducere on a gardé viaduc, aqueduc, oléoduc ainsi que « Il Duce », le guide en italien. Et la fonte « ductile » de nos bouches d’égouts !

Peut-être ne regardez-vous pas les inscriptions sur le sol, ou n’aimez-vous pas le latin… Quoi qu’il en soit, me voilà rassurée : l’éducation, c’est faire pousser, faire s’élever et se développer !

Cette définition me fait davantage penser à ça :

Quoi de plus logique alors que d’éduquer via le jardin ?

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Saint-Laurent

Voilà 8 semaines que je suis au Québec, et grâce à mon stage, j’ai pu visiter par mal de lieux, allant donner une animation par ci ou une formation par là.

A la différence de la France, le Québec me donne une impression d’homogénéité : champs (complètements plats ou bien vallonnés ici en Estrie), forêts et lacs. C’est un peu comme les paysages traversés par le Transsibérien : j’avais pu vérifier que la taïga s’étendait bien sur 8000 km…

Ici au Québec on retrouve donc cette forêt boréale (mais pas les mêmes espèces), avec des variations selon l’altitude et la latitude. Alors le paysage marquant et vraiment dépaysant au Québec s’impose : LE FLEUVE.

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Traversant toute la province, c’est l’axe qui rassemble la majorité de la populaiton québécoise et qui a toujours présidé des activités économiques (hors mines et hydroélectricité) et de l’installation des colons.

repartition_population_2006_carte

Répartition des Canadiens (35 millions en 2016, dont 8 millions de Québécois)

Tumultueux et boueux à Montréal, étroit mais plus clair à Québec, il s’élargit, s’approfondit et se salinise ensuite pour donner sur la Côte Nord, une vraie impression de mer, avec odeurs, moules, algues et cétacés.

Imposant, changeant mais toujours rassurant. Magnifique !

 

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