Cuzco, nombril du monde Inca

 

L’intérêt de voyager du nord au sud depuis la Colombie jusqu’au Pérou, c’est de voir les sites archéologiques dans l’ordre chronologique, avec de nombreuses civilisations avant les Incas. Il faut quand même préciser que les Incas ont dominé et asservi de nombreux autres peuples, de l’Equateur à l’Argentine et au Chili. 

Ainsi, les conquistadores ne sont pas les premiers fauteurs de trouble. Le dernier siècle avant la conquête espagnole (de 1450 à 1550) a été marqué par la domination, des rébellions et guerres civiles. 

Francisco Pizarro, arrivant au Pérou en 1532 (soit un délai de quarante ans depuis la découverte), a bien profité de ces dissensions.

De plus, le « génie » qu’on octoye aux Incas est souvent bien antérieur (céramiques, métallurgie, tissus, canaux d’irrigation…). Certes, il faut leur reconnaître une architecture incroyable, d’énormes pierres taillées et agencées parfaitement, sans aucun ciment. Les constructions Inca résistent aux tremblements de terre (notamment par leurs murs plus épais en bas et aux ouvertures trapézoïdales) alors que les constructions coloniales ont déjà été reconstruites plusieurs fois, suite à des séismes importants.

 

J’avais vraiment peur de me retrouver dans une des plus grandes usines à touristes de la planète en arrivant à Cuzco. Finalement, c’est tres supportable car c’est une grande ville, donc les touristes sont dilués. Par ailleurs, la vieille ville est très belle et assez restreinte, donc on ne fait pas des kilomètres d’un monument à un autre. 

De plus, la campagne et les montagnes voisines, notamment en chemin pour le Macchu Picchu sont magnifiques (prés jaunis, champs de patates et carrés récemment labourés, avec montagnes et neige en arrière-plan).

Un GROS bémol cependant : les femmes et fillettes habillées en habit folklorique et trimbalant un lama ou un agneau pour se faire prendre en photo moyennant une pièce. Merci mais j’ai vacciné des dizaines de lamas dans ma jeunesse ! En cela, le Pérou est beaucoup plus « trucho » que la Bolivie, où toutes les femmes se balladent en jupes larges et chapeaux melons.

 

Concernant le Macchu picchu, ma première réaction était : Ouch ! Le train, que je pensais être l’unique voie de transport et donc qui coûte un bras aller et un bras retour (cours actuel du bras : 55 $US), est vraiment une arnaque à touristes insupportable. Faites passer le message (que j’ai eu malheureusement trop tard) : il existe une alternative au train de promène-couillons ! Il faut aller par la route jusqu’à hidroeléctrica, après Santa Teresa et marcher le long des rails jusqu’à aguas calientes.

On n’est pas non plus obligés de prendre le bus pour se rendre au Macchu Picchu depuis aguas calientes : on peut y monter à pied au petit matin !

J’en reviens épuisée car j’y ai passé dix heures, auxquelles il faut rajouter une heure aller et une heure retour en marchant. Donc douze heures de visite et 1000m de dénivelée positive. On peut dire que j’ai rentabilisé !

Mes impressions sont un peu floues vue ma fatigue, mais c’est quand même franchement impressionnant. C’est une ville religieuse, administrative où vivaient environ 600 personnes seulement. En plus, ils faisaient des essais agronomiques, développant de nouvelles variétés sur des terrasses offrant des micro-climats, alors ça m’a plu !

La cité n’a jamais été connue des conquistadores et a très bien traversé les siècles jusqu’à nous (sauf les toits, de paille). On voit pas mal de temples disséminés dans la ville, mais il semble que les icônes, offrandes et momies aient étés prélevées et déplacées lorsque la cité a été abandonnée. 

Les chemins incas (8 partent de cette ville suspendue) sont splendides. Et la foule supportable finalement, car rares sont les personnes qui restent jusqu’à la fermeture. L’altitude et la flemme généralisée des touristes nous protègent aussi des foules sur les sentiers panoramiques, que ce soit vers le pont de l’Inca, la porte du Soleil ou le sommet de la montagne Michu Picchu (3000m). 

 

Bref, cette visite a bien conclu mes excursions archéologiques depuis la Colombie. Pour autant, il semblerait qu’il y ait d’autres ruines semblables, plus petites mais hors circuit touristique : Choquequirao, accessibles après un trek de 4 jours. 

 

Si je retourne au Pérou  (car il y a beaucoup à voir), j’essayerai de faire un trek et une ascension. Je ne pensais pas que cela serait aussi compliqué à gérer seule, mais il faut composer avec son programme, celui des agences et des autres participants, avec sa forme et surtout la météo. Finalement, cela ne s’organise pas du jour au lendemain et mieux vaut viser la saison recommandée.

 

 

Je retournerai dans la Jungle, plus loin encore dans la forêt pour voir plus de mammifères. Car j’y ai passé 4 jours la semaine. Autant vous dire que ce fut une semaine trépidante !

La forêt amazonienne… pas facile à résumer… Disons que ce n’est pas aussi éprouvant et effrayant que je ne le craignais. La preuve, le 4e jour, je me suis balladée un peu en tongs… en fait les sentiers sont larges, les guides sont attentifs et on ne croise pas des anacondas et des jaguars à tout bout de champ ; de toutes façons, il n’y a pas de champ (mais de l’abattis brûlis hors réserve naturelle, oui !).

En plus, les lodges sont situés en bordure de fleuve (ou dans notre cas du lac Sandoval, ancien méandre du fleuve Madre de Dios, affluent de l’Amazone), ce qui permet d’avoir des horizons lointains et des couchers de soleil magnifiques.

Nos ballades en barque à rames ou à pied se sont échelonnées sur 4 jours de 4 heures du matin à 20h, histoire de voir un maximum d’animaux. Je vous en cite quelques uns : 4 espèces de singes, 4 de perroquets, 2 tarentules, une tortue de terre, des tortues d’eau, plein de très beaux papillons, plein d’autres insectes dont une fourmi de la taille d’une phalange qui peut faire très mal, un scorpion dans un lit, plein de coatis, plein de caïmans dont un petit attrapé par notre guide et une multitude d’oiseaux.

Le must pour moi a été les loutres vues deux matins dans le lac, qui apprennent à chasser à leurs petits. Elles sont aveugles mais repèrent le moindre mouvement dans l’eau grâce à leurs moustaches. Elles se regroupent en poussant hors de l’eau des cris plaintifs, suraigus.

 

Je crois que c’est ma meilleure expérience de voyage, j’en ai rempli mon carnet et ma carte mémoire ! Une infime partie des photos sont sur Google+.

 

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Un commentaire pour Cuzco, nombril du monde Inca

  1. Léa dit :

    Merci infiniment de me faire découvrir un continent dont j’ignore tout.Tu m’ouvres de nouveaux horizons et par conséquent des perspectives pour de prochaines aventures.
    Profittes bien et merci encore pour ce partage.

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