On dirait le sud… (ou pas !)

Me voilà depuis une semaine au Chili, et pour au moins une semaine encore. Cette fois-ci, au sud, bien différent du nord. Comme en Russie, comme en Argentine, je me demande comment on bâtit une nation parmi des personnes et des territoires si différents.

J’ai eu l’impression d’être en Allemagne autour de Puerto Varas. Cette bourgade au bord d’un beau lac pur a été terre d’asile de colons allemands au XIXe siècle, après que les Indiens Mapuche aient étés chassés de leurs terres. Wurst, Küchen, Apfelstruddel et bières artisanales. Prairies vertes, Prim Hostein et pluie glacée. Très beau quand le soleil daigne percer, les volcans étant désormais à portée de pied et d’yeux (moins de 2600 m d’altitude).

Puis ce fut l’illusion d’être en Scandinavie à Chiloé, sans sauna, hélas ! Pingouins, lions de mer, moutons et lamas, ajoncs et prés, forêts très vertes, lacs et tourbières. L’eau dans tous ces états, mais les nuages nous laissant deux jours de répit pour admirer de loin la cordillère et apprécier les belles plages grises du Pacifique.

Crabes, congres, douzaines d’huîtres, moules, poulpe… C’est l’occasion de faire le plein d’iode avant de ne manger que du boeuf en Argentine !!

Des paysages magnifiques, mais moins offerts, plus fuyants du fait du climat… Une atmosphère différente : ce n’est plus la clarté des Andes ou la torpeur des plaines sous les tropiques. C’est plutôt une beauté timide qu’on essaye d’apprécier lorsque l’horizon s’ouvre. C’en est du coup plus précieux, et plus intime.

Il y a moins de choses à visiter, à voir, à faire. Mais plus une ambiance à ressentir, jusqu’à ce que cela vous pèse. Une rudesse du climat à affronter lors d’une ballade ou seulement à considérer à travers la vitre, en bouquinant au chaud.

Les journées maussades du mois de novembre haut-savoyard me manquent un peu à La Réunion, mais elles existent ici. Ce sont des journées où l’on traîne, ou l’on paresse, pour se régénérer et prendre des forces pour les jours froids qui arrivent. Ce sont des journées où on est heureux de ne rien avoir à faire dehors et où l’on laisse la nature faire : pleuvoir, bruiner, venter car il y a des journées pour dehors et des journées pour dedans et celles-ci ne sont que pour nous : se chouchouter, bouquiner, jouer au monopoly, cuisiner, boucler un travail, regarder une trilogie déjà vue, etc. Heureusement qu’il y a la Plaine des Cafres à La Réunion !

Mon rythme de voyage ayant sensiblement augmenté dernièrement, j’envisage de prendre un bateau, lent et monotone de Puerto Montt à Puerto Natales. En effet, il est nécessaire que je m’ennuie, je sens que je suis allée trop vite dernièrement et que j’ai envie et besoin de ces « journées inutiles ou perdues ». Quatre nuits et trois jours au milieu des fjords devrait pouvoir satisfaire mon envie de ne pas être efficace, de ne pas tout voir et de ne pas rentabiliser au maximum mon temps, car j’ai trop fait ça dernièrement, même si c’était sans regret !

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