Les paysages, les odeurs, les saveurs et les gens du Nord Argentin

Alors voilà, j’ai finalement passé deux semaines à Jujuy et je vais passer en coup de vent à Salta, à Córdoba et à Buenos Aires, où j’ai pourtant des amis à voir.

Quel enchantement de revoir ces paysages magnifiques, de sentir les odeurs familières (la coca, la poussière de la puna, les llamas, la pluie tropicale et jusqu’à l’odeur retrouvée des maisons de chacun), de manger à nouveau les mêmes choses dans les mêmes endroits et surtout, surtout, de revoir les amis.

Eux, ils ont changé, tout comme moi, et en bien, enfin disons en encore mieux.

Comme je ne suis plus une gamine de 21 ans, j’ai bien plus de bouteille, de conversation et d’empathie envers ceux que j’ai eu la chance de revoir pendant ces deux semaines. Je n’ai revu que Hugo, mon maître de stage, ses parents, Esteban, mon ex et sa maman mais je les ai bien revu ! C’est à dire pas en coup de vent, sinon lors d’un long et intense partage, mêlé de souvenirs communs et de toutes les choses qui se sont passées depuis et qu’il faut raconter, tantôt sérieux voire triste, tantôt entrecoupé d’exclamations et d’éclats de rire.

Le Nord-Ouest Argentin a une culture, un climat et des paysages extraordinaires, mais ce sont ses gens qui gagnent à être connus. Car visiter le Macchu Picchu, voir des singes dans la forêt et nager avec des otaries c’est chouette et ça fait de belles photos. Mais partager un picadillo (sorte de mortadelle en boîte qu’Aurélien devrait adorer) ou un maté avec un ami, un vrai, que l’on a pas vu depuis 5 ans, ça dépasse les autres expériences.

J’ai eu la chance de pouvoir m’intégrer pendant 8 mois en 2007-08 dans cette société norteña, jujeña, si humble et si chaleureuse et j’ai vécu des choses authentiques, vraies, et peu photogéniques. Mais humainement fortes, plus authentiques et plus importantes que les sites classés à l’UNESCO : jouer al truco jusqu’à 4h du matin ; tomber en panne au milieu de rien ; aller au telo ; faire la queue une heure pour payer la facture de téléphone, coupé depuis deux jours ; faire un asado (barbecue) avec les copains ; boire du vin assis dans la rue ; se laisser faire prisonnier du carnaval ; voyager pendant des heures en pick-up avec de la musique, des blagues et un maté ; faire des tours de la ville en voiture avant de sortir dans un bar… Toutes sortes de choses bien argentines qu’on n’attrape pas au vol en visitant le Nord en 10 jours. Ces choses constituent l’Argentine que j’aime. L’Argentine que je ne peux malheureusement que vous raconter, mais difficilement vous la montrer, et encore moins en photos. Ce sont des choses qui sans doute peuvent se vivre ailleurs, du moins en Amérique latine, mais moi je les ai vécues ici et c’est ici que j’aime revenir. Et comme on dit « A Jujuy siempre se vuelve », On revient toujours à Jujuy.

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