Le tout nouveau monde

Je voudrais vous parler aujourd’hui un endroit idéal, au beau milieu de l’océan, sous les tropiques, en pleine mer. Un endroit encore méconnu, mais qui suscite de plus en plus ma curiosité et celle de nombreux scientifiques.

L’île de La Réunion ? Non, pas cette fois-ci.

Je voudrais vous parler de ce qu’on appelle quelque fois le 7e continent, j’ai nommé…
« LE CONTINENT DE PLASTIQUE ». Oui, tout de suite, ça fait moins rêver. On s’imagine être en train de se noyer parmi les boules en plastique multicolores qu’il y a chez Ronald Mac Donald, de nager dedans sans pouvoir en sortir. D’en avaler à chaque fois qu’on boit la tasse.

À quand un film d’horreur sur le sujet du genre « Les flottants de la mer » ? Où petit à petit les gens retrouveraient de plus en plus d’oiseaux et de poissons crevés sur les plages ? Ah zut, ça existe déjà, ça s’appelle la vraie vie sur les côtes Pacifique, à Hawaï par exemple.

Alors bon, j’ai mené un peu mon enquête, même si je n’ai pu affréter la Calypso pour aller voir de plus près ce qu’il en est, parce que « tant qu’on n’a pas vu, ça n’existe pas ». Quelques découvertes :

  • Figurez-vous que ce n’est pas tout nouveau. Non ! La grande plaque de déchets du Pacifique (ou Great Pacific Garbage Patch) a été découverte en 1997.
  • Elle s’agrandit ! Pour faire aujourd’hui plus que la taille de l’Inde, ou 6 fois la France, excusez du peu. Elle aurait triplé de superficie depuis les années 1990…
  • Elle n’est pas seule. Ainsi, il y a aussi, dans l’Atlantique Nord-Ouest, la mer des  Sargasses (qui sont des algues) montre elle aussi une très grande et alarmante concentration de plastiques.

Localisation des gyres

En fait, on peut dire qu’il y a un vortex de déchets par océan, là où les courants marins (flèches bleues sur la carte) accumulent les débris en tous genres. Pour ceux qui veulent briller en société, on appelle ça un gyre (en jaune sur la carte).

Le plus grand est donc la plaque Nord-Pacifique, et c’est, nous l’océan Indien, qui nous plaçons en deuxième position, en termes de nombre de débris et de poids des déchets :
1300 milliards de morceaux et 59 130 tonnes dans l’Océan Indien. Ah vous faites moins, les malins, hein ?

Le problème c’est qu’elle n’est pas très photogénique, cette plaque de déchets. On ne la voit pas depuis les bateaux ni les satellites. On n’a pas des îles ou une banquise de plastique, mais plutôt une soupe de microdéchets, plus petits qu’un trombone. Un peu comme ce que mangent les baleines, mais avec des PCB et du bisphénol qui remplaceraient les vitamines et nutriments. GLOUPS.

La conséquence, c’est que les particules de plastique s’accumulent et se divisent, sous l’action de l’eau de mer et des UV, les rendant consommables par plein d’organismes, jusqu’au zooplancton. Du coup, on empoisonne toute la chaîne alimentaire avec nos saloperies.

Vous reprendrez bien un peu de tartare de thon ?

Oh là là, c’est terrible ce que tu nous racontes là ! Mais on peut faire quoi ? Prévoir de passer toutes vacances à Hawaï, nager avec une passoire dans chaque main et regrouper ça dans de grands sacs poubelles ?

Pourquoi pas, mais votre rapport tonne de déchets collectés sur tonne de kérosène consommé ne sera pas très bon, sauf bien sûr si vous êtes très bon en natation.

Pas mal de projets existent, de bateaux avec des filets ou, moins consommateurs d’énergie, de structures flottantes qui piègeraient les déchets à la dérive. Par exemple, « The Ocean Cleanup » a pu collecter 2.1 de millions de dollars (U.S) pour sa phase pilote : affaire à suivre !!

Et puis surtout, il faudrait diminuer un peu la source de cette pollution. D’où qu’il vient tout ce plastique ? Ben, un peu des bateaux, un peu des fleuves mais surtout des décharges à ciel ouvert, avec des petits débris qui sont emportés par le vent.

Et saviez-vous qu’en Europe, presque 40% de la demande en plastique est liée aux emballages ? Donc réduire ses achats d’emballage puis trier pour les recycler, c’est apporter sa petite contribution !

——

J’en profite pour vous mettre 5 photos de mon voyage, parce que sinon, elles vont croupir dans mon disque dur externe. Cliquez dessus pour les passer en grand.

Le thème, c’est le Pacifique !

——

Sources : notre-planete.info, http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2306.php

http://www.algalita.org/

https://www.dropbox.com/s/dwmuww30xjederd/journal.pone.0111913-global%20estimation.pdf?dl=0

http://www.plasticseurope.de/cust/documentrequest.aspx?DocID=59179

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3 commentaires pour Le tout nouveau monde

  1. yemou dit :

    Mais pas que! Ces plastiques ce sont aussi les megots qu on jette dans la rue et qui sont charries par les eaux de pluie, les cotons tige qu on jette dans les toilettes et qui passent au travers des grilles des stations d epuration (ca peut paraitre bizarre mais ca doit pas etre si rare au vu du nombre de batons qu on retrouve sur nos plages), des bouts de filets et de fil de peche, …

  2. johanducros dit :

    Et voilà un lien vers une expé française de mai 2014 vers le gyre de la mer des Sargasses où l’on peut voir l’extrême concentration de ces paillettes de plastique. Super intéressant de voir ce qu’ils y trouvent, en effet ce n’est pas une masse de plastique flottante mais des petites particules de plastique peu visibles sans y prêter attention mais si l’on se penche au dessus de l’eau on voit bien cette soupe de paillettes de plastique…

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