Programmation (suite de Printemps de vie)

J’arrivais donc à Bali avec des questionnements et une forte envie de changement. Je voulais donc commencer une nouvelle page de ma vie, construire un nouvel avenir professionnel, mûrement réfléchi, qui me correspondrait totalement.

Mais qu’elle est mignonne ! Comme si la vie s’écrivait comme un scenario, une succession de scènes pré-écrites, en connaissant déjà la fin !

Si Bali ne devait m’avoir enseigné qu’une seule chose, ça serait que rien ne sert de prévoir, parce que cela n’arrive jamais. La situation espérée, attendue ne se déroule pas, et par contre, celle que vous n’avez pas choisie se révèle adaptée, facile, heureuse.

Exemples :

  • Je voulais écouter et voir des danses traditionnelles balinaises. Quelques heures après mon arrivée, toutes à nos discussions de retrouvailles (comme dirait Jean-Max, nous avons commencé une discussion il y a quelques années et elle n’est pas près d’être achevée), nous nous installons dans un temple pour manger des fruits et discuter loin du tumulte. Les heures passent jusqu’à ce qu’on nous demande si nous venons pour le spectacle… Lequel ? Un spectacle de danse balinaise, qui prend place autour de nous !

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  • Les trois jours suivants, nous avons cherché un temple pour méditer lors de la pleine lune, en vain. Nous nous sommes finalement retrouvés fortuitement à méditer chez le roi, près d’Ubud, sous un ciel magnifique, en suivant la petite vieille apprêtée qui allait déposer ses offrandes en cette nuit sacrée.

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Prévoir, orchestrer, c’est peut-être rassurant, mais c’est finalement se priver de la nouveauté, de la surprise, voire de la méprise. En impro, une histoire sans caucus (les 20 secondes de préparation préalable) est bien souvent plus innovante/émouvante qu’une histoire pré construite ! En voyage, les excursions sont tellement moins authentiques que les galères !

Et moi qui voudrais donc construire ma vie, assise devant un bureau, avec une feuille et un crayon ? Je dois reconnaître que je n’ai pas, mais alors pas du tout construit ma vie professionnelle jusqu’à aujourd’hui et que cela m’a très bien réussi :

  • je voulais faire un bac ES section langues, j’étais la seule du lycée alors, on m’a recalé en S SVT.
  • j’ai voulu faire pharmacie, mais comme « on n’avait pas les moyens », j’ai dû réfléchir à autre chose. Ayant ABHORRÉ la chimie organique en prépa, je me sens aujourd’hui miraculée.
  • j’ai réfléchi à autre chose, je n’ai pas trouvé, alors j’ai fait comme Papa avait dit, Prépa ! Et miracle à nouveau, je n’étais ni nulle, ni dépressive.
  • j’ai alors voulu faire de la recherche en biologie. Imaginez-moi, en blouse blanche dans un labo, à ne voir que l’arbre devant la fenêtre et le doux cri-cri des blattes que je dois disséquer. Non mais vraiment ?
  • j’ai fort heureusement raté Normale Sup à une place près, et je remercie ici l’horrible examinateur de chimie à l’appareil dentaire moins visible que son mépris pour moi.
  • je me suis alors retrouvée en école d’ingénieurs agronomes, ne sachant ni ce que faisait un ingénieur, ni un agronome. J’en sais juste un peu plus 10 ans plus tard :
    • Un ingénieur est une personne qui a appris à cacher qu’elle n’est pas spécialiste.
    • Un agronome est quelqu’un qui s’intéresse de près ou de loin à l’agriculture, soit par goût personnel, soit pour faire du pognon dessus.
  • et puis mon boulot actuel m’a été proposé par mail le jour de mes 24 ans, alors j’ai répondu, comme une gentille personne répond aux cartes de vœux d’anniversaire.

Je suis donc forcée d’admettre que mes desseins ne sont pas forcément les mieux adaptés, les mieux pensés et les plus réalistes. Je me rends compte que l’univers choisit pour moi et peut-être mieux que moi. J’ai donc décidé de me laisser porter vers mon nouvel avenir professionnel. On verra donc qui je rencontre, ce qu’on me propose. Je vais chercher, mais je vais surtout observer ce qui existe et nouer des liens.

Globalement, l’idée retenue est de ne pas nager à contre-courant, mais se laisser emporter. Ainsi, on économise son énergie et on est plus à même d’être surpris, de vraiment sortir de son cercle.

On verra où cela me mènera ! « A Pôle Emploi » répondront les mauvaises langues… Soit !

 

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2 commentaires pour Programmation (suite de Printemps de vie)

  1. gratfils dit :

    se laisser porter, n’offrir aucune résistance ( le messie récalcitrant de richard Bach celui qui a écrit Jonathan Livingstone le goéland )

  2. Myrtille-à-pois dit :

    C’est comme quand on est pris dans les courants tueurs des baïnes de la côte atlantique… Il faut surtout se laisser porter sans lutter, le courant finit toujours par te ramener plus ou moins tranquillement sur le rivage…. Encore faut-il être capable de lâcher prise.

    Pour avoir vécu cette période de réflexion-reconversion : « On verra donc qui je rencontre, ce qu’on me propose. Je vais chercher, mais je vais surtout observer ce qui existe et nouer des liens. » est exactement ce que j’ai fait. Pour un dénouement merveilleux complètement inattendu qui se poursuit encore aujourd’hui.

    Laisse toi guider par ce qui te fait du bien, t’amuse et te fait plaisir !

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