Comment voyager zen ? Le voyage idéal n’existe pas, ou alors il est partout.

Sans prétentions, je veux vous faire part des mes impressions au fur et à mesure de mes voyages, pour un voyage idéal. C’est donc un article de préparation pour le voyage idéal, sachant que le voyage idéal, selon moi, c’est surtout pas celui qu’on a préparé de longue date et très précisément. Entendons-nous, j’ai préparé tous mes voyages, sauf lorsque quelqu’un de plus organisé/plus stressé/plus  motivé le faisait. Dans le cas d’un voyage à plusieurs (de 2 à 12 personnes selon les cas), voyager à plusieurs, c’est apprendre le lâcher prise ou le compromis. Ou se séparer.

Dans tous les cas, seul, à 2 ou à 10, je veux vous livrer, dans mon extrême générosité quelques conseils gratuits pour voyager ZEN, si tel est votre objectif. Les exemples donnés ici ont été réalisés sans trucage et n’ont pas entrainé de catastrophe ou de mort violente. Tout est remédiable ! Rien n’est grave !! Ne l’oubliez surtout pas.

Il est important de savoir que rien ne l’est.

AVANT LE DÉPART : CONNAÎTRE ET FAIRE CONNAÎTRE MES ENVIES

Pourquoi partir ?

  • évitez seulement de fuir quelque chose. Si vous fuyez quelque chose, allez juste sur un banc, chez vos parents ou dans une maison de campagne. Il n’est pas nécessaire de faire 10 000 km en avion et s’isoler, surtout si vous changez d’avis promptement, vous retrouvant alors très très loin avec zéro amis, un billet non modifiable et aucun plan B (on reviendra sur le plan B).
  • je pars/partais en grande partie pour prendre de la distance avec ma vie. Désormais, je peux le faire à la maison, youhou ! (Vive la méditation, voyage gratuit) ! Voyez quelles sont vos besoins, ce que vous voulez faire, explorer, apprendre, renforcer en voyage. Voyez aussi si vous aurez l’énergie d’un trek de 15 jours dans le Sahara ou si vous avez besoin de flâner au Portugal. En fonction de ces envies ou besoins, choisissez où et surtout avec qui partir.

Avec qui ?

  • SCOOP : pour prendre du temps et du recul, se retrouver seul face à soi, le plus facile est de partir seul !! Ce n’est vraiment, vraiment pas grave. C’est même vraiment, vraiment conseillé. Sachez que vous pourrez plus facilement faire plein d’amis si vous êtes en Amérique du Sud et baragouinez de l’espagnol. Sachez aussi que le Transsibérien est assez idéal pour avoir 9 jours pour soi, tout seul, en voyant du pays. Si c’est votre premier voyage, ne choisissez pas la destination la plus compliquée pour vous retrouvez seule.
  • Si vous partez en voyage pour vivre une passion (la plongée, la botanique, le tango, etc.) ne partez pas avec quelqu’un qui ne la partage pas ! Trouvez un camarade avant de partir ou mieux, plein de passionnés avec qui échanger là-bas !
  • Ça paraît couillon, mais il est vraiment important de savoir pour quoi vous voulez voyager, par exemple pour éviter de partir en trek au Kirghizstan avec un sac de 7 kilos et de retrouver des amis qui ont rempli leur valises à roulettes de maillots de bain, robes et escarpins pour faire la fête à Cholpon Ata, le Cancun de l’Asie Centrale. Une fois sur place, le compromis sera un peu plus dur à trouver.  Donc on formule ses envies et on les partage AVANT de partir !

Comment partir ?

  • Si vous partez en groupe, échangez sur vos critères de confort également. Entre celui qui n’a pas d’emploi et qui veut camper tous les soirs et se doucher un soir sur trois et celle qui ne peut pas dormir sans un bon matelas et la clim, le compromis est impossible. Soit l’un cède, soit l’autre. POINT.
  • Ne vous ruinez pas trois semaines des vacances pour un manque de confort.
  • Ne revenez pas ruiné de voyage parce que vous n’aviez pas anticipé la question avec votre meilleure amie qui n’aime pas les bus de nuit et les dortoirs.

Où partir ?

  • personnellement, je ne choisis plus jamais mes destinations de voyage, mais mes compagnons de voyage. Aussi, un mariage, un appartement, un séminaire, etc. sont les déterminants de mes lieux de vacances. Bref : on s’en fout, du moment qu’on se voit !
  • vérifiez simplement que la destination pressentie correspond un tout petit peu à ce que vous êtes : n’allez pas en Islande pour bronzer et faire la fête, n’allez pas dans une mégalopole asiatique pour vous reconnecter avec vous-même et la nature.

Quand partir ?

  • j’ai quelques mauvais exemples du voyage préparé sans tenir compte des festivités (qui peuvent être géniales car tout le monde fait la fête et est dehors ou cauchemardesque car tout est complet ou fermé et les endroits déserts). Évitez la période de ramadan en pays musulman, pour des raisons aussi pratiques que pouvoir vous sustentez la journée ou vous boire une bonne bière le soir ; mais aussi, surtout, si vous êtes une femme et que vous ne voulez pas vous faire reluquer comme de la viande sur l’étal de l’angle de la rue.
  • question économie, n’ayez pas d’enfants ou déscolarisez les, vous allez faire de grandes économies en termes de prix de voyage hors vacances scolaires !

 

EN ARRIVANT : RECONNEXION IMMOBILE ET FACILE

> Kit d’arrivée : une carte de la ville, un hôtel réservé, le taux de change et la façon rapide et peu chère de quitter l’aéroport… et roule ma poule !

Ayant voyagé avec un grand yogi répondant au nom de Lénaïc, je sais que nous sommes soumis à une journée de transition pour s’adapter mentalement et physiquement à un nouveau lieu. Ne prévoyez rien le jour de l’arrivée !! Soyez doux avec vous !

> Si vous avez beaucoup de décalage horaire, passez autant d’heures au soleil que d’heures décalées, pour assimiler le nouveau cycle diurne.

Ce premier jour/soir, ne faites pas grand chose à part écouter votre corps, votre cœur, vos envies et partagez-les notamment, sur le lieu où vous avez réservé : « on est bien et on reste la semaine, ou on se barre dès le petit déjeuné englouti ? »

 

PENDANT : ÉCHAFAUDEZ UN TRÈS VAGUE PROGRAMME

Pendant le voyage, concernant l’organisation, trois solutions s’ouvrent à vous :

  • vous êtes maître yogi et acceptez de faire et visiter n’importe quoi.
  • vous voyagez avec un maître yogi et pouvez lui imposer de faire et visiter n’importe quoi (entre-nous soi dit, c’est la meilleure position, mais vous n’avancerez pas beaucoup sur l’échelle de la conciliance (soyez conciliants envers ce nouveau mot)).
  • vous voyagez entre humains. Il va falloir proposer et écouter. Je vous conseille de ne pas prévoir de Programme et de Plan A.

J’ai remarqué qu’on voyage souvent pour apprécier sa liberté et qu’on l’entrave hélas! tout le temps : horaires, hôtels réservés, tours organisés, etc.

  • Sur les hôtels, vous ne réserverez que l’hôtel d’arrivée, pour le jour de décompression/ré ancrage. Tous les autres hôtels seront réservés d’un jour à l’autre ou visités d’abord. Il y a très peu d’exceptions à cela. Je peux quand même imaginer que vouloir passer Nouvel An à New York vous impose de réserver un hébergement, sauf bien sûr si vous êtes maître yogi et ne dormez plus (mais dans ces cas-là, iriez-vous fêter le nouvel an à New York ?).
  • Sur la réservation boulimique, je vous rappelle que vos visites, randos et autres activités de plein air sont soumis à un aléa météorologique, même si vous êtes maître yogi. En fonction du pays visité, d’autres aléas comme un arbre de transmission cassé, une incompréhension du lieu de destination, un éboulis, une grève générale, une erreur d’aiguillage (d’un TGV, héhé !), une éruption d’un volcan au nom impronoçable peuvent s’ajouter, que vous soyez ou non maître yogi.

Ci-dessus : des apprenties yogi hors de leur zone de confort et dans leur kif du jour…

La clé du bonheur, pour moi, c’est UN OBJECTIF PAR JOUR. L’objectif du jour, le plan A, c’est le truc à faire, sans quoi vous repartiriez frustré. Ça peut être une ligne de votre bucket list. Exemples :

  • je viens à Ubud pour discuter et vivre, mais je veux bien aller voir les singes
  • mon kif de Singapour ce sont les Gardens by the bay, on verra bien si j’ai le temps de faire quoi que ce soit d’autres
  • je ne quitterai pas ce pays sans avoir fait du cheval
  • pour moi, Venise, c’est le cliché de la gondole, donc mon unique caprice c’est de faire un tour en gondole. Et après on dit que je suis pénible ??
  • je veux aller au Brésil boire de la caïpirinha à Copacabana

Vous ayant écrit cela, je vous ai tout dit. Savoir ce que l’on veut, c’est se permettre d’être facilement satisfait, et tout le reste est du supplément gratuit !!!

Par pitié, ne vous mettez pas la pression pour tout voir ! Tout faire ! Tout goûter ! Prévoyez-vous seulement de belles images mentales à graver à vie dans votre tête.

L’image mentale, c’est le moment fort du voyage, où vous vous dites « même si je devais repartir maintenant, je serais content(e) d’être venu(e) ». C’est la photo immortalisant le sourire d’une maman Népalaise dans la vallée du Langtang (paix à son âme), c’est le moment où un singe t’enlève ton élastique de tes cheveux et te cherche des poux, c’est la méditation au sommet du Macchu Picchu dérangée par la demande en mariage du couple Portoricain, c’est le spectacle de la chasse des loutres le matin dans le lac Sandoval.

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Vallée du Langtang, paradis disparu et anges perdus

L’image mentale est un souvenir très fort, beaucoup mieux que les 6 monuments visités dans la journée à l’occasion d’un tour organisé, descendant du minibus toutes les 30 minutes. C’est ce qui reste, pas les photos de ruines. Ne cherchez donc pas à tout (aperce)voir, cherchez à vivre quelques instants. Le voyage n’est pas une compétition et une course à la rentabilité. Du moins pas pour moi. Assurez-vous que votre prochain partenaire de voyage partage cette opinion. Sinon, partez seul ou avec moi 😉 !

Donnez vous donc de la peine pour une activité dans la journée. Pour tout le reste, laissez-vous portez, ayez flemme, perdez vous. Suivez une petite vieille, faites-ce que les autres baroudeurs vous recommandent chaudement et avec la larme à l’œil. Errez dans les ruelles, regardez les clips à la télé, spécialisez vous en art contemporain malgache. LAISSEZ-VOUS PORTER.Techniquement, les personnes qui « aurai[ent] tant aimé faire ce voyage » ne sont pas là pour vous juger. Alors faites bien comme vous voulez. Si vous n’êtes pas libres en voyage, je me demande où et quand vous le serez.

Si l’organisation peut vous amener à réaliser votre cliché, votre image mentale, la non-organisation vous apportera l’anecdote. Je vous ai souvent raconté les belles histoires cocasses, les surprises, les instants de grâce ou juste les moments très très étranges, imprévus, incompréhensibles.

  • Le moment où, sortant de l’eau sur la célébrissime plage de Kuta, je me rends compte que tous les touristes autour de moi sont javanais, donc habillés et voilées.
  • L’indien qui nous offre du savon dans le train car on a fêté Holi, la fête des couleurs à Jaïpur et sommes montées dans le train toutes colorées [en fait, il avait raison, si tu attends 6 heures de train avant de te laver, tu as les cheveux verts et les mains violettes pendant 3 semaines].
  • L’anecdote du colonel des forces spéciales russes, sur laquelle on m’a posé bien plus de questions que sur le lac Baïkal. 

N’élaborez donc pas trop votre plan A, mais ayez un plan B. Envisagez que tout merdouille, pour être un peu préparé. Toute merdouille est une chouette surprise, un bel enseignement, une super innovation !! Rater le dernier métro vers Saint-Pétersbourg depuis la lointaine banlieue de Starskoie Selo fut une belle occasion de discuter avec le chauffeur du bus et une magnifique visite de nuit de la ville !

Préparez vous à être déçus pour ne finalement jamais l’être.

En Suède, j’ai voyagé avec deux chômeurs totalement drogués à Munchkin, un jeu de cartes médiévales. Ma nature empathique m’a permis de rattraper leur niveau d’addiction en deux jours. Quand nous nous rendions à la gare, si le bus/le train arrivait dans 5 minutes, c’était super, on allait arriver tôt à destination. S’il arrivait dans 1h30, c’était super, on allait faire une partie de Munchkin assis sur nos sacs à dos.

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Lâcher du lest et ne pas mettre d’importance dans certains évènements vous permettra d’être satisfait de tout, et jamais anxieux. Astuce 2 en 1 : ça marche aussi pour la vraie vie !

Enfin, concernant la peur de s’ennuyer, valable encore plus seul, ne la craignez pas. Au pire, jouez avec. Ou prenez un bouquin pour vous ôter cette peur. Mais ne l’ouvrez pas. Prenez le temps de vraiment ressentir les choses. Dans ce lieu tant rêvé, vous n’y serez vraisemblablement qu’une fois dans votre vie. Alors profitez à fond, de l’ouverture, jusqu’à la fermeture ! Considérer connaître un lieu, c’est voir changer la lumière, les gens, le climat, etc. Ce n’est pas prendre les photos en 10 minutes avec des angles différents.
Pour moi, ça serait plutôt choisir un endroit (une pierre, un tronc d’arbre, un banc) et regarder (et prendre des photos) de cet endroit là pendant longtemps, avec ce même angle. La contemplation. Lire, écouter, sentir, se reposer, etc. En créant une image mentale de cet endroit, vous créez le super pouvoir de téléportation. Vivre pleinement le coucher de soleil sur la plage d’Amed, c’est être capable de récupérer mentalement cette sérénité en voyant la photo, en y repensant. Même depuis votre bureau !! A ce moment-là, cher apprenti yogi, vous avez appris la téléportation, vous êtes capables de retourner au Macchu Picchu quand vous voulez, vous pouvez revivre votre descente à ski en Patagonie, vous éprouvez à nouveau la belle camaraderie éméchée d’un asado argentin.

Bref, si votre visage s’illumine, si vos yeux brillent lorsque vous me contez un tel moment, considérez que ce voyage était tout à fait réussi, le voyage idéal parmi les 1000 possibilités qui existaient.

 

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Un commentaire pour Comment voyager zen ? Le voyage idéal n’existe pas, ou alors il est partout.

  1. Lea dit :

    Bravo Lucile pour la fluidité de ton texte et les nombreuses illustrations (pas seulement les photos).
    C’est un excellent guide du bien voyager. Je le cautionne.
    Bises
    Léa

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