La démission pour les nuls !

Voilà déjà un mois que j’ai quitté mon travail. Comme ma réorientation n’est pas instantanée, j’ai peu à vous conter de ce côté là et préfère rédiger un retour sur cette rupture, espérant que cela puisse vous servir ! 😉

Contactez-moi pour un coaching personnalisé du type Réussir son chômage !!

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Jeune cadre dynamique s’apprêtant à déposer sa démission ou amorçant un rappel de 55 mètres (Fleurs Jaunes, Cilaos)

Démission VS Rupture conventionnelle : le match (sans grande surprise)

Concernant mon départ, ma décision était tellement actée, ancrée que je n’ai pas pu/voulu gentiment patienter pour espérer un jour obtenir une rupture conventionnelle. Ce type de départ à l’amiable est très fréquent mais il vaut mieux être le premier à le demander dans la boîte (que la 3e dans mon cas…). Elle vous permet de toucher des indemnités de départ (souvent compensées via des congés posés mais effectivement travaillés, à la demande très illégale de l’employeur) et de percevoir le chômage suite à votre départ. Toutefois, Pôle Emploi applique un délai de carence au pro rata de votre indemnité de départ, qui peut équivaloir à plusieurs mois si vous êtes très bien payés.

Si la rupture conventionnelle vous assure vos droits au chômage, cela n’est pas le cas pour une démission (option devenue très rare, semble-t’il en voie d’extinction). En effet, sans motif légitime de démission (de type:  j’ai suivi mon mari, mes parents, j’étais en période d’essai…), la loi juge que vous n’êtes pas éligible à l’allocation chômage. Ainsi, même si vous avez cotisé pendant 25 ans, le motif j’en ai marre ; je suis à la limite du burn out ou je souhaite changer de métier ou de région n’est pas considéré comme légitime. Ainsi, vous vous verrez appliquer obligatoirement 120 jours de carence après lesquels vous pourrez redéposer votre demande d’allocation chômage, en justifiant de candidatures, formations, bref, d’un vrai projet professionnel montrant que vous avez extirpé vos extrémités digitales de votre tractus digestif inférieur.

Ainsi, cette année, ma lettre au Père Noël contiendra toutes les lettres de motivation que j’aurai faites en 4 mois. La réponse n’est pas automatiquement positive, mais j’ai bon espoir, mon école m’ayant rompue à l’attitude « proactive » du jeune sans expérience…

Se barrer dignement de son job ? C’est possible !

La démission est donc l’inverse d’un départ à l’amiable… Lâchez prise à ce sujet : le départ de votre boîte ne se passera pas bien avec tout le monde ! Ou alors, c’est que vous êtes très mauvais et que tout le monde attendait que vous craquiez…

Non, vous n’arrangez pas grand monde en partant !! Cela étant, c’est votre droit et votre décision, et il vous faudra pour ne pas vous dégonfler vous remémorer souvent les (très bonnes) raisons de votre départ. Un conseil : entourez-vous d’amis compréhensifs, encourageants, voire chômeurs ! Pour ma part, j’ai plusieurs amis ingénieurs suffisamment fous pour s’être lancés dans le voyage, la musique, un bar ou toute autre chose, et ces fous là me font un bien fou !

Malgré tout, la démission permet de partir sans faire aucun compromis avec votre patron, celui-ci ne vous versant aucune indemnité de départ : vous partez avec vos congés payés, votre boîte en carton et votre plante verte. Pas de parachute doré, mais la tête haute : vous n’avez pas baissé votre froc et conservez le choix dans la date pour votre départ effectif !

Et après ? La liberté ou la culpabilité…

Après un préavis (toujours beaucoup trop long…) vous vous retrouvez donc sans le sou, certes, mais avec plein de temps ! Oh oui, tout plein de temps ! … euh… comment dire… ça c’est la théorie. Dans la pratique, j’ai remarqué que j’avais tendance à CULPABILISER et à facilement accepter d’offrir mon temps, puisque j’en ai plein !

Remettons les choses au clair : si vous offrez gratuitement votre temps à des personnes qui n’en n’ont pas (car elles sont salariées!), alors pourquoi ne pas vous faire payer ?
Faites attention à la pression sociale qui veut qu’on saute sur toute occasion de job pourri et sous-payé par sécurité ! Prenez garde au grand préjugé du chômeur qui n’a que du temps et aucun projet !

J’avais déjà ressenti ce type de jalousie en partant en voyage en congé sans solde : « comme tu as de la chance ! ». La chance que j’avais, c’était d’avoir eu l’accord de mon employeur pour un congé sans solde et d’être née avec deux bras, deux jambes et un passeport européen. Le reste, ce sont des décisions, des sacrifices, des risques que certains ne sont pas capables de prendre, les mêmes qui m’ont dit « comme tu as de la chance ! ».

Si je dispose de deux ans pour mettre en place ma réorientation professionnelle, ce n’est pas en distribuant mon temps à ceux qui en manquent que je vais pouvoir monter ma boîte, me former, rencontrer mes futurs employeurs ou partenaires. Non, ce temps, ce risque, je l’ai pris pour moi, en renonçant à un bien très cher : la sécurité de l’emploi. Je ne suis donc pas corvéable à souhait, ni paria ou assistée. Je suis en recherche active, en construction active et je peux je dois choisir où va mon précieux temps, parce que deux ans, cela paraîtra sans doute très court, surtout vers la fin !!

Et vous, chômeurs, anciens fous, futurs fous : quelles étaient vos impressions au moment de « tout plaquer » ?

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6 commentaires pour La démission pour les nuls !

  1. Gwennhaëlle dit :

    Libération, grand vide et finalement un boulot plutôt pépère pour me remettre de mon traumatisme je dirais !

  2. Amandine dit :

    Salut Lucile ! C’est super fascinant de te lire, je commence la première phrase et ploup me voilà à la fin. Et j’adore, encore une fois tu nous fait déculpabiliser et je suis tellement sur la même longueur d’onde que toi. De mon côté, la différence étant que je n’ai jamais accepté un CDI, j’ai même pleuré après qu’on m’en ait proposé un (au fayet après être rentré du 1er voyage en NZ!). Donc oui, toute cette pression dont tu parles, et ce temps « libre » que tout le monde imagine… mais non, je suis freelance et du temps libre j’en ai très peu alors OUI, je m’arrange pour qu’il tombe les jours de beau temps (ou de bonne neige!), alors OUI les gens disent que j’ai de la chance. Par contre je n’ai jamais eu droit et je n’aurais jamais droit au chomage ni au congé maternité avec un vrai salaire. C’est un choix libre et non assisté !
    En ce moment, en pleine construction de maison (bientot finie!), Brian subit parfois la même pression : « ben pourquoi tu vas pas bosser au supermarcher par exemple ? » … Ben oui, on va passer 8h/jour à faire un boulot déprimant à 8€/h pour payer des artisans à 100€/h ?
    Réussir à sortir de ce modèle proposé et rabaché par la société, c’est courageux et c’est bien, moi je dis BRAVO Lucile !
    Et continue d’écrire ainsi, ça fait du bien de te lire ! Et de prendre de tes nouvelles !
    Gros bisous et continue à bien profiter de ton temps !!

  3. David dit :

    Pour ma part, je te comprends vraiment car j’ai aussi une dem’ et un voyage au bout du monde à mon actif! Mais dans mon cas, j’avais combiné les deux, ce qui fait que j’ai passe ma carence de 120 jours à voyager. Ce que je ne savais pas c’est qu’il fallait s’inscrire dans les 12 mois après sa dem’ pour toucher la précieuse allocation de retour à l’emploi! Retour à la case salariat au retour de voyage pour moi mais cette fois, je n’ai pas été fou, je n’ai accepté qu’un CDD d’un an, gniark, gniark !!! Du coup, le vrai projet de reconversion approche de nouveau pour moi…
    En tout cas, ce qui est sûr c’est que la chance sourit aux audacieux! Ceux qui n’osent jamais, n’iront nulle part! ceux qui osent ne savent peut-être pas où ils vont ni quand ils arriveront mais une fois qu’ils y seront, ils seront bien plus riches que les autres, riches de tout ce qu’ils auront vecu au cours de leur pérégrinations 🙂

    Bon courage Camarade!
    C’est en nous changeant nous-même qu’on changera le monde autour de nous 😉

  4. du74au974 dit :

    Merci pour vos expériences les copains, ça fait chaud au cœur !

  5. François dit :

    salut
    je viens de demander mes 6 mois de sipos donc ce n’est pas moi qui vais te contre-dire! bel article…

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