Mon stage. II- De l’éducation au goût

Pas facile de parler d’éducation au goût et de faire comprendre en quelques mots ce que les ateliers du goût représentent…

Je vais essayer de vous en décrire les grands principes et puis, un jour, je vous le ferai sans doute en vrai. Car l’éducation sensorielle à l’alimentation se fait à tout âge et pour tout public !

Education sensorielle

Si on parle du goût, on parle surtout d’apprendre à goûter, à déguster n’importe quel aliment, comme un oenologue. Et cela se fait avec les 5 sens. Pour les enfants, c’est leur nommer l’ouïe et leur faire imiter le bruit d’une pomme, d’une carotte ou d’une banane que l’on mange. Avec les adultes, c’est leur rappeler que manger produit des sons et qu’ils peuvent nous mettre en appétit, ou pas !

Education expérientielle

Les enfants n’aiment pas les pommes parce qu’elles sont riches en fibres ou apportent des sucres. Ils les aiment car elles sont colorées, parfumées, croquantes, juteuses ou sucrées. Et puis quelques uns ne les aiment pas et c’est bien aussi !

Croquarium met en avant l’expérience comme moyen d’apprentissage et favorise le sensoriel au cognitif. Et comme tous les goûts sont dans la nature, il est important d’accueillir et de respecter les variations de perceptions et les préférences et dégoûts de chacun. L’objectif d’un atelier du goût n’est pas que tous les enfants aiment le brocoli, mais que chacun l’ait exploré avec tous ses sens. C’est un chemin vers l’affirmation de soi et le respect des différences.

Education qui se veut dans le plaisir

Pour que cette expérience soit concluante, elle doit être faite dans un contexte agréable : calme, confiance, temps… Souvent l’inverse de la restauration scolaire !

L’exploration des aliments doit rester ludique et plaisante. En aucun cas les éducateurs du goût favorisent un aliment ou en critiquent un autre. Ils contribuent seulement à élargir la culture alimentaire de chacun.

Seule importe la perception sensorielle de chacun, et il n’y a pas de jugement à porter là-dessus !

Croquarium Lac Megantic

Sieur de Petit Pois et Dame Romaine après une animation à Lac-Mégantic, avec la lauréate du concours de dessin !

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Mon stage. I- De l’éducation 

En stage à Croquarium depuis près de deux mois, je me dois de commencer à décrire ce que j’y fais ! Globalement, je me forme à l’éducation au goût et aux jardins éducatifs… Explorons aujourd’hui le mot éducation avant de détailler ces deux thématiques.

J’ai lu récemment l’étymologie suivante : « Éducation vient du latin educare qui signifie redresser ce qui est tordu et mal formé… » Déprimant, non ? Et la rééducation, serait-elle le retour à la droiture pour un membre ou un comportement déformé ? En lisant cette signification, je pense aux jambes de Forrest Gump…… et j’espère que cette éducation est aujourd’hui révolue.

Cette étymologie du mot éducation me gêne car elle semble conformer les individus et les étirer tous dans le même sens.

Heureusement, Wikipedia via le Gaffiot donne une étymologie plus appréciable : « éducation serait directement issu du latin educatio, lui-même dérivé de ex-ducere (ducere signifie conduire, guider, commander et ex, « hors de ») : faire produire (la terre), faire se développer (un être vivant) ».

De ducere on a gardé viaduc, aqueduc, oléoduc ainsi que « Il Duce », le guide en italien. Et la fonte « ductile » de nos bouches d’égouts !

Peut-être ne regardez-vous pas les inscriptions sur le sol, ou n’aimez-vous pas le latin… Quoi qu’il en soit, me voilà rassurée : l’éducation, c’est faire pousser, faire s’élever et se développer !

Cette définition me fait davantage penser à ça :

Quoi de plus logique alors que d’éduquer via le jardin ?

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Saint-Laurent

Voilà 8 semaines que je suis au Québec, et grâce à mon stage, j’ai pu visiter par mal de lieux, allant donner une animation par ci ou une formation par là.

A la différence de la France, le Québec me donne une impression d’homogénéité : champs (complètements plats ou bien vallonnés ici en Estrie), forêts et lacs. C’est un peu comme les paysages traversés par le Transsibérien : j’avais pu vérifier que la taïga s’étendait bien sur 8000 km…

Ici au Québec on retrouve donc cette forêt boréale (mais pas les mêmes espèces), avec des variations selon l’altitude et la latitude. Alors le paysage marquant et vraiment dépaysant au Québec s’impose : LE FLEUVE.

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Traversant toute la province, c’est l’axe qui rassemble la majorité de la populaiton québécoise et qui a toujours présidé des activités économiques (hors mines et hydroélectricité) et de l’installation des colons.

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Répartition des Canadiens (35 millions en 2016, dont 8 millions de Québécois)

Tumultueux et boueux à Montréal, étroit mais plus clair à Québec, il s’élargit, s’approfondit et se salinise ensuite pour donner sur la Côte Nord, une vraie impression de mer, avec odeurs, moules, algues et cétacés.

Imposant, changeant mais toujours rassurant. Magnifique !

 

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Clichés nord-américains

Je vous en ai peut-être déjà parlé ici : j’adore les stéréotypes et en rencontrer un me rend toute chose…

Depuis que je suis au Québec, je rencontre quotidiennement des clichés dont nous avons tous étés bercés via les dessins animés, séries et films américains.

En voici une liste, n’hésitez pas à la compléter selon vos expériences !

  • Les maisons à escalier extérieur, voir article précédent
  • Le bus scolaire jaune (des Simpsons)
  • Le gros klaxon des trains de marchandises (dans Transport Tycoon !)
  • Les motels moches, de plein-pied en sortie de ville
  • Les gens affairés dans la rue avec leurs cafés à emporter, dans un gobelet en carton
  • Le (mauvais) café à volonté dans les chaînes de restaurant
  • Les boîtes aux lettres avec le petit drapeau rouge « you’ve got mail ! »
  • Les très gros camions chromés (il y a même des festivals de camionneurs !)
  • Les « vraies » sirènes de police qui font peur (parce que dans les films, c’est toujours grave !)
  • Les écureuils dans les villes et même des moufettes, ou putois
  • Des dindes et dindons dans leur environnement naturel
  • Les drapeaux aux fenêtres ou devant les maisons
  • Etc.


Et puis il y a aussi des grosses surprises, comme cette église à vendre ou à louer !

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Impressions Montréalaises

Première impression : depuis La Réunion c’est LOIN ! Plus de 24 heures de voyage… et 8 heures de décalage, soit une arrivée plus fracassée que fracassante !


Impressions aériennes : c’est carré ! C’est déjà vrai en Amérique du Sud, mais encore plus ici ! Champs carrés, routes parallèles et perpendiculaires, carrières rectangulaires… heureusement, le fleuve Saint-Laurent tortue faiblement et quelques collines se dessinent bien loin.
En ville je retrouve le quadrillage des rues, mais pas aussi régulier qu’en Argentine. Et puis quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis longtemps : les bâtiments qui font de l’ombre à toute la largeur de la rue !

Enfin cela est vrai pour l’hypercentre, ailleurs, ce ne sont que des maisons à deux étages avec escalier extérieur, ce qui fait le charme et le cliché des rues nord-américaines !

Le temps est clément avec moi pour mon arrivée : il fait 19 degrés ! La poussière, les rues blanchâtres me montrent tout de même que l’hiver vient de finir et que les derniers déneigements sont récents ! Heureusement, les tulipes, jonquilles fleurissent les premières feuilles des arbres sortent ! Rien de très vert mais bien prometteur.

Comme partout, j’éprouve bien vite le besoin de prendre de la hauteur pour mieux appréhender la ville et son fleuve. Je monte donc sur la coupole de la chapelle du bon secours avec une magnifique vue ensoleillée sur le fleuve, le vieux port et le vieux Montréal, parsemé de gratte-ciel. 


Le lendemain, je décide d’aller courir sur le mont Royal, pour admirer une vue plus large. Je ne me laisse pas impressionner par les 6 degres et pars courir en short : pas le droit de m’arrêter, sinon je gèle ! Le footing touristique, j’aime bien, ça permet de se mettre en forme en visitant des parcs et des endroits un peu plus éloignés que ce qu’on verrait en marchant et cela permet aussi de comprendre la géographie de la ville à travers différents quartiers ! Je suis quand même rentrée en métro au bout de 2 heures, car je n’avais pas pris mes gants…

A midi ce fut un brunch amplement mérité, d’autant qu’il faut faire la queue le dimanche pour bruncher au Québec ! Pancakes aux bleuets (myrtilles moins goûtues), œufs, lard, pommes de terre et supplément cheddar, pour le kif local !!


Cet après-midi, déjà marre du froid ! Suis allée dans la serre tropicale du biodôme, au village olympique. 


Un bien moche lieu bétonné (Montréal 1970… what did you expect ?) mais admirablement transformé en un zoo pédagogique sur les écosystèmes du continent américain : forêt tropicale, érablière, golfe du Saint-Laurent et régions subpolaires. Où comment passer de l’ibis rouge au macareux en une heure !

Pis voilà pour mon premier week-end québécois, ponctué également de culture : impro en français, improv en anglais et ce soir contes, avant de partir pour Sherbrooke !!

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La légende urbaine des fauteuils en bouchons de bouteilles

Depuis quelque temps, ayant emménagé dans une nouvelle commune et avec quelqu’un qui me se pose beaucoup de questions, je me trouve souvent bloquée face aux poubelles, mon déchet à la main, ne sachant que faire…

Heureusement, une amie lance un site Internet participatif, Kel Poubelle, pour résoudre ces grands dilemmes de la vie quotidienne. Je vais aujourd’hui faire ma part, explorant la grande légende urbaine du fauteuil handicapé en bouchons de bouteilles recyclées. Que celui qui n’a jamais emmerdé son collègue, parent, ami avec cela me jette le premier bouchon !

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La légende est la suivante : les bouchons plastique de bouteilles et briques ne sont pas à jeter, mais à collecter séparément dans un sachet, lequel croupira des années dans un coin avant que vous ne le jetiez un jour excédé sera collecté par une association d’aide aux personnes en situation de handicap.

J’ai donc pris contact avec Handi Bouchons Réunion, association correspondant aux Bouchons d’Amour en métropole… ❤ ❤ ❤ !!! Le bénévole me confirme que les bouchons plastiques se recyclent tous, mais peuvent être oubliés dans la chaîne de tri ou jetés par les usagers dans la poubelle grise ou pire, dans la nature, nourrissant ainsi les tortues marines…

Cette association collecte donc auprès des entreprises, particuliers, écoles, collectivités (déchetteries CINOR) les bouchons pour les revendre à Cyclea (gestionnaire de la collecte, du tri et de la prévention des déchets dans l’Ouest) 150 € la tonne. Ces ventes sont entièrement reversées vers le « développement de la pratique sportive des personnes porteuses de handicap en apportant une aide aux projets d’associations ou de groupes œuvrant dans le sport des personnes handicapées. »

Donc pas de fauteuil recyclé en plastique, mais une vente : nos déchets sont donc bien une ressource, puisqu’on veut bien les racheter ! Notons que Cyclea ne collecte pas les bouchons séparément dans ses déchetteries, car cela l’obligerait ensuite à les racheter à Handi Bouchons… pas fous les mecs !

La bonne nouvelle, c’est que les bouchons sont doublement utiles : recyclés (en sièges enfants, en isolant de toiture ou encore en arrosoirs) et source de financement pour le handisport. Reste que les bornes de collecte spécifiques sont franchement rares… Du coup, je me suis livrée à un petit calcul. Chaque bouchon pensant environ 2 grammes, je considère ma collecte de bouchons maximale à :
2 litres de jus par semaine + 2 litres d’eau pétillante + 2 « canettes » achetées en snack
= 6 bouchons par semaine = 12 grammes hedbomadaires = 624 gr par an.
Au prix de 150 € la tonne, je rapporterais à Handibouchons environ 9 centimes par an, quelle radine !

Supposons que je boive mes 2 L par jour uniquement dans des bouteilles de 33 cl, par décret de Donald Trump président du monde de précipiter la fin du pétrole. Je consommerais alors 6 bouchons par jour, soit 12 g/jour = 4,38 kg/an = 0,66 €/an. La recette d’Handibouchons serait sans doute inférieure à ma dépense en carburant pour leur livrer.

Si la population réunionnaise entière (851 000 personnes) collectait ces 6 bouchons par jour, Handi Bouchons collecterait 560 000 € chaque année (ou 80 000 € dans l’hypothèse plus crédible de 6 bouchons par semaine), mais il n’est pas certain que Cyclea consente à une telle  dépense : ils négocieraient sans doute leur accord !

On est peut-être face au paradoxe du colibri : l’apport personnel est négligeable mais la somme de ces apports est considérable. Toujours est-il que, moi, grosse feignasse, fais fi des 9 centimes potentiellement offerts aux personnes porteuses de handicap, et vais continuer à mettre mes bouchons à la poubelle de tri, espérant qu’elles ne soient pas négligées au centre de tri !

PS : si quelqu’un veut bien m’indiquer une association collectant des fonds pour les personnes en situation de handicap, je veux bien donner non pas 9 centimes, non pas 1 € mais bien 9 € par an ! Pfiou, quelle manne !

 

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Work in progress…

Oh le beau blog inactif depuis Noël !! Que s’est-il passé pour autant vous délaisser ?
Trois fois rien : je construis mon avenir professionnel !

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C’est la rentrée ! Formations, réseautage, prospection… Une vraie vie d’adulte, mais heureusement, j’ai des nouveaux feutres !

Laissez-moi vous expliquer à grand renfort de sigles…

  • Suite à ma démission, j’ai donc eu 4 mois de carence par rapport à Pole Emploi puis j’ai demandé le réexamen de mes droits chômage devant la Commission Paritaire. Rassurez-vous, futurs démissionnaires, c’est une formalité (un peu lourde en justificatifs, certes) si vous avez effectivement commencé à postuler ailleurs ou à monter votre boîte. Je suis donc allocataire chômage (ARE) pour deux années, ce qui me permet de lancer mon projet tout en ne crevant pas de faim ni de peur.
  • J’ai défini mon activité : sommairement, il s’agira de prestations d’animation, de médiation et de formation autour de l’environnement et en particulier autour des jardins. Mes cibles : les écoles, les communes, les bailleurs sociaux sont privilégiés pour le moment. Je fais dessiner mon logo, j’ai acheté un nom de domaine (.re) : cela prend vraiment forme !
  • J’ai trouvé un statut pour créer mon activité ! Il s’agit d’une coopérative d’activité et d’emploi (CAE). C’est une structure de portage salarial, qui offre, suite à la Loi sur l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), le statut d’entrepreneur-salarié. En bref, les membres de la coopérative touchent un salaire s’ils facturent des prestations. Ces prestations sont sous le numéro de SIRET de la coopérative, qui gère l’administratif, la compta, etc. Pour ma part, je ne suis pas encore entrepreneure-salariée, car je suis en Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE), ce qui me permet de ne pas toucher de salaire (seulement des indemnités kilométriques et des remboursements de frais professionnels) afin de conserver mon allocation chômage. Et l’aspect coopératif devrait me permettre de collaborer avec plein de ptits nouveaux, comme moi !
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